
Isaac Asimov
Le week-end approche, tout devrait rentrer dans l’ordre pour Arthur. Ou pas…
Chaque vendredi à la même heure, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, qu’il fasse plus de 30°C, Arthur, sa femme et ses deux enfants font une sortie au cinéma. Ils s’arrangent pour que la séance commence à 20h45, du moins la séance de pub commence à cette heure-ci, la durée du film est tout à fait aléatoire, ce qui fait qu’il s’agit du seul moment de la semaine où Arthur laisse libre court à l’improvisation. Au début, il n’aimait pas trop mais il a appris à apprécier cette dose d’adrénaline. Pour autant, l’entrée dans le cinéma à l’entrée dans la salle est codifiée. La famille doit entrer dans la pièce au moment où la salle dans laquelle ils doivent voir le film ouvre, normalement cela intervient 15 minutes avant le début du film. Les nouvelles bornes numériques leur permettent d’acheter leurs tickets sans patienter dans la file d’attente. La commande s’effectue au moment même où le grand écran dans le hall diffuse une publicité sur les horaires d’ouverture de la patinoire de la ville. C’est Annaëlle qui se charge de donner le ticket à l’agent de sécurité, ça tombe toujours au moment où l’un des responsables du cinéma rentre dans la cabine de projection pour préparer le lancement des films qui doivent commencer à 20h45. Une fois rentrés dans la salle, Arthur accompagne toujours son fils aux toilettes par précaution. A chaque séance, à leur retour dans la salle, un petit garçon au chapeau habillé en bleu et tenant une pioche annonce le début du film sur l’écran. Le film peut dès lors commencer. A la fin du film, la petite famille attend constamment la fin du générique pour prolonger l’instant. En sortant de la salle, ils ont pris l’habitude de prendre le programme de programmation de la semaine prochaine au niveau de la caisse centrale mais aujourd’hui, Julie, la caissière n’est pas la même que d’habitude. Peut-être qu’elle a pris son week-end, non pas possible, elle est toujours là, cela fait 3 ans qu’elle est la caissière attitrée du vendredi en fin de soirée. Cela fait beaucoup trop d’absence dans la semaine pour Arthur, il n’aime pas trop cela, c’est la première fois que chaque jour de la semaine, il manque quelqu’un à son poste, pourtant ce sont des habitués, ils sont toujours là.