
Samedi dernier a eu lieu au Stade de France la finale de Top 14 (championnat de France de rugby pour ceux qui ne le savait pas) opposant l’AS Clermont et le Stade Toulousain. C’est l’occasion de faire un flash-back sur la finale de 2016 qui fut quelque peu particulière…
Délocalisé au Camp Nou devant 99 124 spectateurs, ce match restera dans les annales. En entrant sur le terrain en veste de costume, les Racingmen annonçaient tout de suite la couleur, ils n’étaient pas là pour rigoler. Mais c’est bien une affaire de couleur qui lança réellement le match. A la 18ème minute, Machenaud plaqua violemment Matt Giteau qui retomba sur la tête, obligeant l’arbitre à expulser le demi de mêlée Ciel et Blanc. Ce carton rouge aurait pu tuer le match, forçant les Racingmen à le terminer comme ils l’ont commencé avec une veste. C’était bien parti pour, 14-6 à la 29e minute après un essai de Gorgodze. Rien ne pouvait laisser penser que les Toulonnais allaient laisser filer le match et pourtant… Pendant ce temps-là, Maxime Machenaud était inconsolable dans le vestiaire et le Racing jouait à 14 contre 15, sans réel numéro 9. Enorme prise de risque du staff Racing 92 mais avait-il le choix ? Au vu du banc, non, cela aurait été encore plus risqué de faire rentrer un joueur trop inexpérimenté, Xavier Chauveau. Ce fut donc à Juan José Imhof qu’est revenue la lourde tâche d’occuper le rôle de demi de mêlée. D’autant plus lourde qu’il n’a jamais évolué à ce poste auparavant et qu’il a, involontairement, semé encore plus le doute quand il a raté sa première passe, mais après tout, cela rajoute de la valeur à la performance des Ciel et Blanc. Car, après la mi-temps, le match était tout autre. Les Toulonnais ont explosé sous les attaques adversaires, multipliant les erreurs et les actions d’indiscipline et relançant ainsi les Racingmen. Ces derniers prenaient, contre toute attente, le large en inscrivant un 20-0. 14-26 à la 59e après un essai de Rokocoko, le match semblait déjà plié mais il fallait s’attendre à un sursaut d’orgueil du pack toulonnais. Ce qui rendit la fin de match un peu plus stressante et passionnante. Même l’essai de Mermoz à 10 minutes de la délivrance ne permit pas de désunir le peuple Ciel et Blanc. La pression monte, les secondes s’égrènent petit à petit, le banc du Racing est debout, Maxime Machenaud qui n’ose pas descendre les escaliers pour rejoindre les remplaçants est soulagé que son expulsion ne soit qu’anecdotique. Puis quand le coup de sifflet final vient à retentir, le stade exulte, les joueurs courent sur la pelouse du Camp Nou. Ils viennent d’entrer dans l’histoire. Le Racing 92 est champion de France vingt-six ans après son dernier titre national. Le soulèvement du bouclier de Brennus ne viendra qu’embellir la soirée qui est loin d’être finie.